Cinématographe Lumière

 

Bien que l’on ne puisse attribuer à une personne seule « l’invention » du cinéma, car il fut le produit de plusieurs siècles d’évolution technologique, de curiosité artistique, et de soif de merveilleux, on peut dire que les frères Auguste et Louis LUMIÈRE, au nom prédestiné, en furent les pionniers dans sa forme actuelle.

Ils réalisèrent également et projetèrent sur grand écran, les premiers films cinématographiques, le 28 décembre 1895 au Grand Café à Paris.

Du Voyage dans la lune (1902) de Georges MÉLIES à Star Wars (1977) de Georges LUCAS, il n’y a pas eu de changement technologique fondamental. Bien sûr vinrent les films sonorisés dès 1927 et l’introduction progressive de la couleur après 1945.

Charlie CHAPLIN, l’un des pionniers du cinéma muet.

En 1901, les frères Pathé fondent leur empire en construisant une 1ère usine phonographique ainsi que deux studios de cinéma. Ils feront construire près de deux cents salles de cinéma dans le monde. En 1904, Pathé distribuera 50% des films diffusés en Europe et en Amérique…

Il faudra attendre les années 80 et l’introduction progressive du numérique, pour pouvoir parler de changement technologique.


À Mirepoix, le cinéma fait son apparition dès 1939…

 

 

Jean PELOFY avec son épouse et ses enfants

…Lorsque Jean PELOFY sillonnait les routes du canton avec son vélo et sa remorque chargée de bobines de films qu’il projetait de villages en villages (Moulin-Neuf, Léran, Saint-Quentin, entre autres) parfois chez l’habitant. Il en tenait une comptabilité précise dans des livres de comptes, parfaitement conservés par sa famille.

Son épouse, Maria PELOFY, 95 ans, nous a reçu à son domicile pour nous parler de son passé, faire revivre les souvenirs d’une époque de sa vie consacrée à la gestion d’un cinéma sur la commune.

Les films en noir et blanc arrivaient de Toulouse en provenance de différents fournisseurs : Pathé, Paramount, Metro Goldwyn Meyer, etc. pour  les plus connus.

« Le Novelty »

Cette plaque informative sur les tarifs était affichée à l’entrée du cinéma.

Le cinéma, sédentarisé en 1943 avec la location de la salle de la Trinité, située dans l’enceinte de l’ancien couvent des Trinitaires, prend le nom de « Le Novelty ».

La salle équipée de fauteuils rouges comptait environ 200 places, balcon compris (situé au-dessus de la salle des machines). Les séances se tenaient les samedis et dimanches après-midi, de 15h à 21h, avec à l’affiche des films récents pour l’époque. A l’entracte, Pauline TISSEYRE, vendait bonbons, sucres d’orge, cacahuètes, etc., et toute la famille était mise à contribution, afin de soulager Jean PELOFY qui travaillait en semaine en tant que contrôleur MSA.

Il existait à cette époque une autre salle de cinéma appelée « Le Chanteclair » dirigée par M. TOUSSAINT (en lieu et place du garage GUARDIA) avec une programmation différente.

Merci à Maria PELOFY et ses filles : Jeannette BIESSE (à gauche) et Josette GUIBAL (à droite)

« Le Novelty » recevait également des réunions politiques, des spectacles tels que « Catinou et Jacouti » et les élèves de l’École Normale de Foix y jouaient en fin d’année une pièce de théâtre dont la première fut inspirée des « Dix petits nègres » d’Agatha CHRISTIE.

Dans les années 60, Jean PELOFY a vendu la licence d’exploitation à Monsieur PEYROT de Belpech qui gèrera le cinéma pendant quelques années avant sa fermeture dans les années 75.


Création du centre multimédia

En 1988, lors de son premier mandat, Jeanne ETTORI, maire et conseillère générale, avec le soutien de l’équipe municipale décide de réhabiliter ce bâtiment chargé d’histoire en y créant un centre multimédia, confirmant ainsi sa volonté de donner à cet édifice une vocation culturelle.

Lionel JOSPIN, ministre de l’Éducation Nationale, Jeanne ETTORI, maire de Mirepoix et conseillère générale, Robert NAUDI, président du conseil général.
Lionel JOSPIN, signe le livre d’or de la Mairie de Mirepoix, en présence de Jeanne ETTORI. (Photo provenant des archives personnelles de Jeanne ETTORI que nous remercions)

 


Un héritage inestimable

A l’ouverture, le cinéma est associatif : gestion partagée mi-publique/mi-privée entre l’ADEC et la Mairie. Quelques bénévoles participent aux tâches d’animation, d’affichage, etc. et la programmation est établie par Jean VILLALONGA, directeur de la structure.

Jean VILLALONGA

Jean VILLALONGA, passionné de 7e art depuis sa plus tendre enfance, doté d’une solide culture cinématographique, a mis tout en œuvre dans la recherche de financements, contribué au classement « art et essai » délivré par le Centre National du Cinéma (CNC), conclu des partenariats avec Ciné 32 permettant d’obtenir plus facilement des copies.

L’une de ses ambitions était d’ouvrir le cinéma à la diversité et la recherche de qualité fit partie de ses préoccupations.

Moteur essentiel de la polyvalence de la programmation, en direction d’un cinéma plus culturel sans délaisser le populaire, Jean VILLALONGA a laissé son empreinte, presqu’une part de lui-même, dans ce cinéma de proximité et d’ouverture, tel que nous le connaissons aujourd’hui.

Jean, qui nous a quittés en 2010, a su transmettre à Bernard VAQUER, emploi jeune recruté sur un poste d’animateur cinéma, un héritage inestimable de culture et de savoir-faire.

En 1997, le matériel de projection est changé. L’ancien projecteur est remplacé par une Victoria V, le « nec plus ultra » pour l’époque, ce modèle équipant le palais du festival de Cannes et une grande partie des salles françaises.

En 2005, la salle fait peau neuve, les fauteuils et la moquette sont changés.